“J’avais l’impression d’être un extraterrestre” : Jarry se livre comme jamais sur son enfance différente

Dimanche 6 novembre, Jarry était l’un des invités de Frédéric Lopez dans l’émission Un dimanche à la campagne sur France 2. À l’occasion, l’humoriste de 45 ans s’est livré à cœur ouvert sur son homosexualité, mais aussi sur son enfance difficile, au cours de laquelle il avait du mal à trouver sa place.

Comme chaque dimanche, Frédéric Lopez présentait ce 6 novembre sur France 2 un nouveau numéro de son rendez-vous dominical baptisé Un dimanche à la campagne. L’ancien animateur de Rendez-vous en terre inconnue recevait Clara Luciani, Tatiana de Rosnay et Jarry, qui se sont confiés sur leur enfance, leur parcours, leurs ratés et leurs réussites.

“Je n’avais pas envie d’être gay”

À 45 ans, Anthony Lambert, dit Jarry, est un humoriste reconnu, à la télé ou dans ses spectacles, qui a réussi sa carrière et qui est aimé des Français. Face à Frédéric Lopez dans Un dimanche à la campagne, ce dernier est notamment revenu sur son homosexualité : “À l’époque, je suis avec des femmes, j’ai 23, 24 ans. Je ne me suis jamais posé la question de ma sexualité. Je me rends bien compte que je ne vis pas ce que vivent mes potes, parce que moi quand je leur raconte mes rapports sexuels avec des femmes, pour moi c’est de la technique, eux à chaque fois ils me parlent de moments incroyables, moi je ne me trouve pas super à la hauteur”, a-t-il avoué.

Avant d’expliquer : “Beaucoup de gens me disent, à chaque fois qu’ils me rencontrent, ‘Mais toi, tu es gay ?’, et moi je réponds : ‘Mais pas du tout !’. Jusqu’au jour où je rencontre un garçon et j’ai ma première expérience. Là ça a été quelque chose d’extrêmement violent pour moi parce que j’avais pas envie d’être homosexuel. Je n’avais pas envie d’être gay.”

L’humoriste de 45 ans a ainsi continué : “Déjà j’étais efféminé, sensible, j’avais déjà beaucoup de choses qui faisaient que j’étais différent. Je voulais faire de la danse, etc. Il m’a fallu beaucoup de temps pour l’accepter, je me suis détesté.”

Une enfance différente de celle de ses frères

Au cours de l’émission, Jarry s’est également livré sur son enfance différente de celle de ses frères à cause de son homosexualité. “Je suis resté en vie grâce à ma mère. Quand tu es dans un environnement et que le moindre centimètre carré de cet environnement ne correspond pas à ce qui t’habite à l’intérieur, tu as l’impression d’être un extraterrestre. Et moi, j’avais l’impression d’être un extraterrestre parce que je dansais dans ma chambre, je lisais de la poésie alors que mes frères étaient chasseurs, pêcheurs, jouaient à la bagarre…”, a-t-il confié, très honnête sur cette partie de sa vie.

Le showman de 45 ans a poursuivi sous le regard du présentateur et des autres invitées, Clara Luciani et Tatiana de Rosnay : “Moi, je rêvais de mourir sur scène au ralenti, je m’entraînais pendant des heures dans ma chambre et je ne parlais pas. Tout le monde pensait que j’avais une petite forme d’autisme parce que je ne parlais pas.”

Celui qui porte le nom de jeune fille de sa mère en nom de scène a continué à ce propos en évoquant sa relation un peu compliquée avec son père : “Je voyais bien dans le regard de mon père, j’étais pas comme mes frères, […] quand il rentrait de la chasse, moi je n’acceptais pas ça, c’était problématique, et que j’ai rien partagé avec cet homme, alors que je m’entendais très bien avec mes frères qui m’ont protégé à l’école, de ma différence.”

Et d’ajouter : “J’étais très efféminé, très féminin, je ne comprenais pas pourquoi, je regardais mes frères qui faisaient du judo, qui étaient des bonhommes. Moi j’me disais ‘Mais pourquoi la vie a fait ce choix pour moi ?’ Je l’ai vécu comme une injustice, j’aurais dû naître en étant plus viril, plus masculin. Je m’en voulais, je me suis dit qu’il y avait forcément quelque chose chez moi qui était raté, je m’étais dit quand j’étais petit, peut-être que quand ils ont fait l’amour, ils s’aimaient plus et du coup… Et comme on m’avait raconté que j’étais né prématuré à sept mois, à la suite d’un accident de voiture, on me disait tout le temps ‘Tu es né d’une contrariété’. J’avais l’impression que j’étais gênant pour mon père, il a lâché très vite avec moi, donc j’ai pas vraiment existé quoi”.

Yamina Hamdoud

De nature très curieuse, j'aime suivre l'actualité et notamment le quotidien des célébrités. Passionnée par mon métier de Rédactrice web, j'ai à cœur d'informer le lectorat de la manière la plus simple et la plus précise possible.